Je sens que pour le titre que j’ai trouvé, on va me dire que j’ai commis la plus splendide des Lapalissade qui soit ! C’est un petit peu vrai, que je ne me suis pas trop fatiguée !! Sans doute le fait de commettre ces billets en fin de semaine, après la semaine de travail…
Ces considérations écartées, je voulais simplement vous faire partager que je commence à ressentir plus intensément, cet effet de transitoire de ma situation.
Mon calendrier s’est précisé, et l’année 2009 va se dérouler au rythme de mes FFS (face feminization surgery), de ma visite de contrôle de première année de traitement hormonal, puis de celle de 18 mois, et ma seconde visite à l’hôpital de Gand déterminera plus précisément la date de ma SRS (sex reassignment surgery), que le vague « printemps 2010″ que j’ai actuellement en guise de calendrier.
Evidemment, je n’ai pas réalisé soudainement que ce parcours de transition était avant tout transitoire, et de nombreux textes prouve, naître, renaître, des peurs, des espoirs, du bonheur mes interrogations et mes doutes sur ce nouvel avenir que je me façonne petit à petit. Beaucoup de choses ne sont pas encore résolues, et certaines ne se résolveront qu’au fait de l’expérience vécue. Je tente simplement de m’y préparer et de définir la position, l’attitude à avoir.
J’ai exprimé chez ma thérapeute ce qu’était ma fémininité, comment je me concevais, comment je la vivais, comment je l’incarnais. J’ai le souhait simple, de la plupart d’entre nous, de mener la vie simple d’une femme ordinaire que l’on croise dans la rue, parmi tant d’autres.
J’ai le souhait que l’on ne me désigne plus comme transexuelle, une fois ma transition achevée, mais tout simplement comme une femme. Je sais par exemple quand ce blog s’arrêtera…
Mais désormais, une nouvelle préoccupation est venue se rajouter, et c’est elle qui me fait toucher du dogt l’aspect provisoire de ma situation.
Nous sommes nombreux et nombreuses à tourner la page de façon radical après ce parcours épuisant, et si nous pouvons glisser doucmeent d’une façon de vivre à une autre durant le temps du parcours, certains changements sont plus rapides. Par exemple, lorsqu’on choisit de changer de région, lorsqu’on choisit de changer d’activité professionnelle. Lorsqu’on fait les deux à la fois, même, parfois.
C’est actuelllement cet aspect là qui me touche, et ça c’est un fait complètement nouveau. Si je l’avais exprimé rapidmeent et en deux mots il y a déjà quelque temps chez ma psy, ce questionnement prend aujourd’hui une place conséquence, et devient pour moi un impératif.
Je ne changerai probablement pas de région, encore qu’il soit un tout petit trop tôt pour le dire avec certitude absolue, mais ce n’est pas ce point qui m’interpelle le plus. J’ai la chance d’habiter dans une ville moyenne, où les rencontres malencontreuses, – je parle de personnes qui m’auraient connu durant mon parcours de transition -, ne sont tout de même pas si fréquentes que celà. De toutes façon, je pourrai difficilement vivre dans une petite ville, j’ai toujours le sentiment qu’on ne sait pas trop de quel coté se tourner pour uriner tranquille, tout se sait si rapidement dans une petite cité ! Et je l’ai expérimenté, malgré moi, pendant un an et demi I’ve left the godforsaken town…
SI je n’envisage donc pas de changer de région, il n’en va pas de mêem pour mon activité professionnelle. La principale raison eest que je ne désire pas, que je ne désire plus, cotoyer des personnes qui m’auront connu, vu « avant », et pendant ma transition.
Il y a d’autres raisons, plus personnels, plus intimes, sur lesquels je ne m’étend pas, mais qui tiennent aussi au fait de vouloir faire quelque chose soit de plus directement utile à autrui, soit d’avoir une activité me plaçant dans la neutralité.
Ce changement radical que je dois préparer touchera donc bien au-delà de ma personne,mais ce n’est en fin de compte pas si étonnant que ça, je sais maintenant que de nombreux transexuels font ces changements radicaux. On ne peut pas après faire exactement comme on faisait avant…
Les seuls qui échapperont au coup de balai seront mes amies, au masculin il n’y en a toujours pas, qui vivent cette transition pas à pas, et avec une présence qui me réconforte même parfois, tant certaines choses les affectent ou les réjouissent.
J’ai quinze mois à peu près, pour réfléchir et mettre en oeuvre cet « après » !


