Je suis un homme extérieur, je suis une femme intérieure, j’ai en moi une dualité qui est poussée à l’extrême.
Trop sensible, j’ai la larme facile, et mes idéaux amoureux sont ceux d’une Princesse charmante en son château. Ca fait bibliothèque rose, c’est pas sérieux ! Je suis romantique en diable, et je me fais des mirages sur les rapports humains. Je ne suis pas un rouleur de mécanique, d’abord j’ai pas la corpulence pour, je suis taillé comme une arbalète. Je suis volubile. Et si ce n’est pas ma timidité qui m’empêche de faire les premiers pas, quelque chose m’empêche en tout cas de le faire, et je suis plus chassé que chasseur.
D’ailleurs dans les quelques relations homosexuelles que j’ai eu, je suis passif, c’est beau ça comme terme, non, passif pour qualifier ce genre de comportement en pleine ébullition des sens ? Mais qu’est ce qu’on peut dire comme conneries !!! Je suis sociable, réservé certes, mais sociable au premier degré, c’est à dire celui suffisant dans 98% des cas de la vie quotidienne.
La femme idéalise son Prince charmant, garde ses cheveux long sur le tard devenue adulte pour s’y réfugier comme au tant où elle était petite fille, et crois beaucoup en la sincérité de la relation humaine. En tout cas elle est très prudente avant de s’y aventurer. Elle voudrait tant un amour vrai et sincère, profond et tout, du premier coup ! Les femmes ne sont pas plus bavardes que les hommes, je ne crois pas, simplement le degré du discours n’est pas le même, et puis je reconnais que les femmes ont beaucoup plus de sujets de conversation que nous, ne serait-ce qu’à leurs propres propos. Nous, enfin eux plutôt, une fois la météo, le foot, et la Formule 1 évacués, il ne reste pas grand chose. Le mec moyen est trop fier pour parler chiffons ou savoir d’où vient ce parfum-que-tu-as-mis-hier, ca ferait pédé !!
Par contre, preuve de mon masculinisme certain, je suis extrêmement douillet, je tourne de l’oeil assez facilement à la vue du sang, à l’odeur d’un hôpital.
Ah, ben vous voyez que je suis un homme, quand même !
La femme n’est pas chasseresse, elle attend son heure, elle sait qu’elle sera choisie, elle sait qu’elle devra faire attendre. Pas trop longtemps, mais pas trop vite, tout est dans le sens de la mesure. Trop vite, ça devient le bon coup facile, ça vous gâche une réputation vite fait, elle peut mettre du temps pour s’en remettre. La boîte du dessus, là en-haut, entre les deux oreilles, elle peut se mettre à gamberger en susurrant Tu es une salope, tu es une salope…, et ça évidemment c’est pas bien, tout le monde l’a toujours dit ! Trop long, et le fauve risque de s’échapper à tourner autour en feulant. La proie n’est pas celle que l’on croit au premier abord, dans ce petit jeu là. En tout cas, elle ne chasse pas, et se laisse agréablement chasser, choisissant – tout autant que l’autre en face – sa future victime ! Enfin, et évidemment, la femme est passive. Encore qu’il conviendrait de s’entendre sur ce point. Alors précisons : passive jusqu’au top départ, c’est surtout ça qu’il faut. Une femme trop entreprenante ça vous fait débander un homme vite fait. Tiens, imaginons qu’une femme prenne à pleines mains un homme aux couilles en lui disant t’es bien foutu, beau brun, il y a fort à parier que le beau brun en question, va avaler sa salive de travers et se demander inquiet « mais qu’est-ce qu’elle me veut celle-là ? ». Le scénario inverse, avec le même beau brun, en train de flanquer une main aux fesses ou au panier en susurrant le même genre de chose délicate, donnera certes une forte probabilité de se prendre une gifle, tout en s’assurant peut-être quelques temps après une suite plus intéressante. Après le top départ, ça se complique. Trop passive, l’ennui mortel devient rapide, pendant qu’elle continue de lire son magazine et que l’autre abruti au-dessus bosse ! Trop entreprenante, elle risque la même mésaventure qu’au tout début de l’action, quoique si le feu est bien mis de part et d’autres, cela devrait provoquer des moments assez torrides.
Reconnaissons que c’est assez exceptionnel.
La faute à cet équilibre sans doute trop subtil à définir entre le trop-peu et le trop-trop.
Si ce que je viens d’écire ne sort pas tout droit du Musée de l’Image d’Epinal, et comprend un tant soit peu un poil de bon sens, alors, c’est clair, j’ai dans mon comportement essentiellement des attributs féminins.
Je ne m’en porte pas plus mal, disons simplement que j’ai appris – tardivement – à le reconnaître, à vivre avec, et même je crois que cela me vaut quelques bonnes relations féminines de qualité, celles qui sont par nature les plus intéressantes, les contingences du genre opposé étant évacuées. Des amies m’ont parfois dit se sentir bien avec moi, car ne ressentaient pas cette approche sexualisée sous-jacente-( grand Dieu, quel charabia !)- de ma part.
J’entends d’ici les réactions de quelques vrais braves mâles :
« ben mon con, t’as du en rater des occases ! »
Mi-homme, mi-femme,…
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