Que n’entend on parler en ce moment de chute de mur…
Bien sur la référence c’est le mur de la honte, le mur de Berlin, la séparation du bloc de l’Est et de l’Ouest, la symbolisation de la guerre froide, la si célébre déclaration du président Kennedy, dirigeant alors les Etats Unis en juin 1963 : « Ich bin ein Berliner ! », - nous sommes tous des Berlinois -, et dans cette instant d’euphorie, nous oublions qu’il existe la grille qui sépare le Mexique de l’eldorado des Etats Unis, longue de 1.100 kilomètres et sous surveillance des « border patrol« , tout au long de la frontière commune avec le Mexique, le tout sous influence d’un racisme plus ou moins latent ou plus moins avoué, comme on voudra. C’est aussi le mur de protection dressé par l’état d’Israël face à ce qui est refusé d’être reconnu comme un état Palestinien, se contentant d’être « une autoritée », et coupant de maigres terres fertiles en deux, sans aucun souci du sort des populations et des villages soudain placés d’un coté ou de l’autre de la barrière.
Alors le mur de Berlin, moi je veux bien, mais il y en a encore d’autres qui existent, et tant qu’un seul sera debout, je ne serais toujours qu’à moitié satisfaite.
Il y a d’autres murs…
Le mur de l’éducation, de la mise en conformité sociale, particulièrement bien illustré avec ce clip de l’album The Wall, des Pink Floyd, les professeurs représentés sous la forme de marteaux (et mettez vous donc ça dans la tête...), marchant au pas cadencé sous le joug d’une administration totalitaire, ce qui est conforme à ce qu’est la représentation d’une administration d’ailleurs.
On y acquiert dans cette période tout ce qu’il faut pour assumer sa vie d’adulte.
Pour les hommes ce sera la grosse voiture rutilante, qui va vite, ou qui est plus puissante, livrée avec la playmate qui va avec, en cuissardes, c’est encore mieux, des super bagnoles pour viriliser nos hommes, ça vous promet un chaud avenir !
Pour les filles ce sera la manière, l’art et la manière surtout, d’allumer sans allumer tout en allumant. Le trop pas trop, en évitant le pas assez et en tentant d’atteindre le juste ce qu’il faut. Passserelle étroite de la féminité coincée par l’image de la pute et de la bourgeoise docile à la maison.
On y apprend la certitude que tout le monde est ainsi, et que si c’est ainsi, c’est ainsi que ça doit être ainsi, que ça ne se dicute pas, et que c’est normal. C’est normal que mon minet super viril il désire une super aguicheuse capable de le faire grimper aux rideaux toute la nuit !
En vérité ça ne se passe pas toujours comme ça. Il y a des hommes qui préfèrent être entre eux, il y a des femmes qui préfèrent être entre elles. On a un terme tout trouvé pour désigner celà : ce sont des gens qui ne sont pas dans la norme.
Il ya pire. Il y a des homme, il y a des femmes aux genres flous, des hommes et des femmes dont on ne sait pas trop s’ils sont des hommes, s’ils sont des femmes. D’ailleurs, qui peut répondre à cette question ?
Et il y a celles qui sont nées au masculin et qui mourront au féminin, et ceux qui sont nés au féminin et qui mourront au masculin.
Incompréhensible ! Totalement hors norme !
Alors moi, l’être bien trempé, ayant bien ingurgité ma dose d’éducation à l’image de ce que nous montre The Wall, je dis que tous ces gens là, ces gens qui ne me ressemblent pas, ne sont pas normaux. Ils ont un grain, pour les plus a-normaux d’entre eux, même !!
Qu’ils sont de l’autre coté du mur
Et moi, moi, je n’ai pas la prétention de faire tomber le mur de Berlin, d’ailleurs c’est déjà fait, je n’ai pas l’intention de m’attaquer à la clôture américano-mexicaine ou judéo-palestinienne, mais si je peux, un peu, oh un tout petit peu, faire tomber le mur des préjugés qu’ont les gens parfois sur celles et ceux qui ne sont pas les deux pieds sur la ligne blanche, si je peux un tout petit peu faire lever l’oeillère pour faire voir, penser, toucher, concevoir autrement, un tout petit peu autrement, alors, j’aurai bien travaillé, je serais contente, et je pourrais me reposer.


