Il est parfois des virages que l’on négocie à la faveur de l’imprévisibilité. On se cherche, on se recherche, s’interroge, questionne, pèse, soupèse, on se contente aussi, par facilité, paresse, confort, d’un quant-à-soi semblant satisfaisant, et un jour tout celà, sous un évènement extérieur, vole en éclat.
Plus de confort, plus de quant-à soi semblant satisfaisant ! Ce qui fait, déjà énorme…, mais auquel il convient de rajouter toute une perspective de stress, face à ce qui représente un obstacle que l’on sait pertinemment insurmontable. En tout cas nous plaçant dans le plus parfait des inconforts psychologique pour l’avenir. Et les deux se télèscopent, se heurtent d’une violence inouïe. Avec le recul de ces quelques jours, je ne saurais même plus dire qui entraîna l’autre, je me souviens simplement que d’avoir appris par l’extérieur, un fameux mardi qui restera à toujours un mardi noir, le premier élément stressant m’avait déjà fortement étreint, le second quelques instants plus tard allait m’achever….L’équilibre précaire, toujours précaire, sur lequel je reposais a été d’un coup pulvérisé, et l’atterrissage fut d’une rudesse que j’ai peu connu. Ma réalisation, toujours sous-jacente, retournait au domaine des rêves inaccessibles. Egarement, angoisse brutale, larmes, sentiment d’oppression, toute la panoplie du mal-être s’est trouvé réunie en une fraction de seconde. L’après-midi fut un pur moment de supplice, car voué à l’inaction et à l’immobilisme, rongeant mon frein de ne pas tout envoyer bouler, j’ai terminé la journée dans un état d’anxiété, de nervosité, d’agitation extrême. La nuit qui s’en suivi fut à la hauteur et représenta en tout et pour tout trois heures de sommeil.
L’esprit hanté à chercher une solution pour échapper à ce piège maléfique monopilisa toute mon énergie, s’en était trop, il me fallait décompresser, fuir, trouver le chemin de fuite si cher à Henri LABORIT (Eloge de la Fuite), et c’est ce qu’en fin de compte je décidais de faire. Je connais mes excès, je sais sur quel pente dangereuse ils peuvent me mener, je l’ai dit, écrit dans d’autres textes, ce sont des moments où je risque de scier la branche sur laquelle je suis assise.
Ce blog était alors à l’arrêt, j’ai cru aussi que ce qui constitue mes soutiens allaient également s’arrêter, non pas par crainte, peur, ou fuite, justement, mais tout simplement parce que ces personnes respectent mes décisions, savent mes errements et hésitations, et l’enfouissement dont je suis capable concernant la réalité de mon désir, pour paraître, oh seulement paraître, conforme à ce que l’on attend de ma représentation, de ma présentation, tout court. Que celà me rende malheureux, encore plus instable et variable n’effleure guère « les autres », je suis conforme à ma représentation, ma présentation, et de plus j’entends des retours sur mes bizarreries, préférant la solitude à la mauvaise compagnie de gens n’ayant rien à se dire sinon de la pluie du matin, mes tocades, ma susceptibilité exacerbée… Le monde tout en gris, le mien ordinaire et banal à n’en plus pouvoir.
Et puis je suis allée voir mes mails, mes mails réservées à « celles qui savent », et il y en avait déjà un, puis deux, puis trois, puis encore, encore…. Tous disaient peu ou prou la même chose, une amie dans un tchat allait écrire quelque chose de fort, « C…. n’est qu’un rêve qui ne sera jamais une réalité et qui ne m’empêche pas de vivre tout le contraire de toi qui ne vit que pour ton rêve », que je rapportais à mes amies. Elles allaient le reprendre avec une belle unanimté. Ma-mienne enfin, aborda sous un angle différent la chose, pour arriver en fait à la même conclusion….
Et si tout cela était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase ? En langage plus direct, et si cela était le coup de pied aux fesses qu’il m’avait manqué ?
Cette peur de retourner dans le néant, dans ce monde gris, où j’oscille en permanence entre un silence assourdissant et des éclats tonitruants, me conduisant petit-à-petit à ma perte, n’est ce pas après tout la continuité logique de ce que je n’ai pas fait, pas entrepris ?
La reprise d’un mail ou justement nous discutions de « ma redéfinition », allait le premier soir me faire sauter au plafond, pensant que décidément elles n’avaient rien compris, que c »était fini, que cette fois Mélodye avait explosé en plein vol, et que compte tenu de la nouvelle situation qui se présentait, le confort, la quiétude, la stabilité nécessaire à son épanouissement ne seraient pas prêts d’être retrouvés. Entre un impossible à réaliser et à maintenir et la perte de ce qui constitue un soutien, un équilibre, cela faisait décidemment beaucoup trop d’un coup !
Et puis, j’ai répondu à leurs mails, et je réalise ce soir à quel point j’ai progressé pour donner comme elles me le disaient « plus de visibilité » à Mélodye.
J’ai remplacé ma montre par une montre féminine, sur mes bras lisses c’est beaucoup plus agréable, je me suis achetée des chaussures à talon, pas fin encore, non, mais de 4 et 6cm, et j’ai encore aminci l’épaisseur de mes sourcils qui étaient déjà bien plus fins que l’ordinaire masculin. Je m’achéterai bientôt un manteau un peu plus féminin.
J’ai osé, si, si , osé parler à mon médecin généraliste, qui m’a dit ne rien pouvoir pour moi, c’est certain, mais m’offrir son concours si je décidais quelque chose pour être mon médecin centralisateur de ce que j’aurais à faire….
J’ai repris rendez-vous pour poursuivre cette psychanalyse, faussement terminée en 1998, avec les mots de ma praticienne qui me résonne encore à l’oreille : « peut-être nous reverrons nous un jour, n’hésitez pas, on ne sort pas forcément définitivement renforcé d’une première étape ». Et si aujourd’hui je reprends ce n’est assurément pas pour dire les mêmes choses, recommencer cette première partie, car maintenant à la différence de 1998-1999 qui m’avait faussement appris ce que je suis, désormais je sais ce que je veux, je sais surtout que ma situation m’autorise à le pouvoir.
Et j’y suis plus prête que jamais……….
Lundi à 09H15 je vais dire ce que je veux !
Merci à C….,et nos longues tchatcheries, à G - L - L – et à V……, et bien sur ma-mienne.


