Je vis entourée de femmes, j’aime pas les hommes.
Ils sont sourdingues et aveugles,
Un peu lourdaud aussi !
L’orientation de mes désirs irait pourtant vers eux.
C’est normal, c’est mon genre.
J’essaie de travailler avec les femmes,
Mais au travail, elles me trouvent trop agressif,
Trop grande gueule !
Je dois être un homme.
Pourtant, ce n’est pas mon genre !
Il faudrait que je consulte,
Un psy de l’école Freudienne sans doute
Pour leur faire plaisir.
Il paraît que ça donne bon genre.
Elles craignent de s’engager avec moi dans une relation d’amité,
Un homme ça sort la queue au moindre sourire !
Ca oblige à une sacré attention !
Dans cette société là, les femmes sont les proies,
Le mâle un éternel prédateur,
Et on n’en sort pas,
Et on n’en sort pas !
Je ne suis pas un mâle pourtant.
Ce n’est pas mon genre.
Les hommes au boulot me trouvent parfois trop agressif,
Je ne suis pas gentil avec eux,
Je les boucule, si rapidement,
Les pauvres biquets.
Je n’aime pas les hommes,
Ce sont des matadors d’opérette,
Qui ne font que trembler quand ils n’ont pas
Une femme-maman-bonniche-soubrette,
Y’a qu’à rayer la mention inutile,
Surtout rajouter celles qui manquent,
pour les soutenir.
Drôle de perception de l’autre genre,
Ce fameux « Deuxième Sexe »
Cher à Simone de BEAUVOIR
Je suis pourtant un homme.
Mais ce n’est pas mon genre.
Je suis perdue, je ne sais plus
Entre ces femmes qui se défilent
Et ces hommes qui me bloquent littéralement
Entre ce que j’offre à ces femmes-là,
Et l’effroi que provoque le comportement
Des hommes pour moi.
Et ce dont à quoi j’aspire.
Qui aurait dû être mon genre.
Alors, il reste tout le temps restant,
Le temps de ma vie privée
Celui qui représente, heureusement
Beaucoup, beaucoup plus de temps que le temps du travail
Heureusement malheureusement.
Malheureusement, car ce maudit travail
Pour lequel je gaspille ma vie futilement,
M’assigne enfin une place,
La place correspondant à mon genre.
Apparemment.
Heureusement, car je n’aime pas tricher,
Faire semblant, comme-ci,
Et le travail ne m’épanouit pas,
C’est une corvée marchande et commerciale,
Pour payer sa boîte de cassoulet !
Heureusement, car ainsi
Je suis seule, mais je suis aussi bien parfois.
Parfois, quand je vais bien.
C’est pas souvent.
C’est souvent quand je suis en accord avec mon genre.
Quelques femmes m’ont accordé leur confiance,
C’est un tout petit réseau de vrai soutien
Et d’amitié sans arrières pensées souillantes
De ces souilleries qu’ont l’habitude ou l’intention
Des hommes.
Ce n’est pas mon genre.
Elles me connaissent, elles savent
Que coincé entre les genres,
Je n’aurai jamais ma place,
Que je ne pourrai jamais aller au devant des hommes,
Puisque ce n’est pas mon genre
Mais que c’est pourtant mon désir,
Désir qui n’est pas en harmonie avec mon genre.
Elles me connaissent, elle savent
Que si je n’ai pas de genre
Je suis pourtant de leur genre.
Et, elles me le font parfois partager.
Et quand j’en chiale d’impuissance,
De ne pouvoir afficher un genre blanc ou noir
Comme tout le monde fait, après tout,
Tout le monde fait, ou presque !
Quand j’en chiale d’impuissance,
On dira que je suis fou, – folle -
Que je ferais bien de me faire soigner
Ma déconstruction,
Ma non construction plutôt, ça vous permet de briller,
D’être encore plus normaux que la norme.
Vous m’étouffez au-delà
De ce qui n’est pas mon genre.
C’est pour celà que je n’ai que si peu d’amies
Il me faut tant de temps pour expliquer,
Faire comprendre, admettre, tolérer,
Et tant et tant ont fuit,
Bien souvent,
A cause de vous, d’ailleurs les hommes
Puisque je ne suis pas votre genre.


