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Né en 17 à LEIDENSTADT

  • Posted on juillet 6, 2006 at 0:00

Il est difficile de savoir si en 1940 nous n’aurions pas été des Lacombe Lucien…
Et si vous ne savez pas qui c’est, que vous n’avez jamais vu le film, lisez donc le document joint à cet article, vous comprendrez combien cela colle à la chanson….

Et si vous pensez que celà n’existe que dans ces situations exceptionnelles, détrompez vous, et réfléchissez aussi à ce que pourrait être notre attitude, situation, position, dans ce pays qui flirte avec des peurs d’extrême droite lors d’élection présidentielles (2002, 2007 ?).
Combien de fonctionnaires mettraient alors leurs situations en périls au nom de l’idéal de démocratie, de liberté, d’égalité, de fraternité ? Combien se contenteraient d’être cette zone grise décrite par Primo LEVI (sur Wikipédia )

Ce texte, cette chanson m’y fait réfléchir à chaque fois que je l’entend

Pour les paroles et toujours l’extrait sonore,
Et si vous ne connaissez pas l’histoire de Lacombe Lucien, alors lisez la suite

« Juin 1944, les Alliés ont débarqué en Normandie. Dans une petite ville du sud-ouest de la France, Lucien Lacombe, un jeune paysan de dix-sept ans, quitte l’hospice où il est employé aux basses besognes, pour passer quelques jours dans son village, et, si possible, y rester. Mais il retrouve la ferme de ses parents occupés par d’autres : son père étant prisonnier en Allemagne, sa mère est devenue la maîtresse du Maire du village. Il est reçu plus que froidement.
Le seul endroit où Lucien est vraiment libre c’est en pleine nature : sa force, ses qualités de chasseur l’ont toujours mis au-dessus de ses camarades même du fils du Maire, aujourd’hui dans le maquis. Lucien décide de le rejoindre. Tout le monde connaît le chef du maquis : l’instituteur. Lucien lui rend visite, sans succès. L’instituteur-lieutenant de FFI ne croit pas qu’un cancre, même bon chasseur de lapin, suffise à faire un résistant.
A la fin de son congé, Lucien regagne l’hospice. La crevaison d’un pneu de bicyclette, son arrivée en ville en pleine nuit par ces temps de couvre-feu, une rencontre imprévue, le font échouer dans un hôtel réquisitionné par un groupe de français au service de la police allemande. Ils saoulent Lucien par jeu, puis pour encourager ses confidences… le lendemain, l’instituteur est arrêté et torturé.
Lucien, dépassé par les événements, est pris dans un engrenage. Il accepte de travailler avec ses nouveaux amis. Il ne comprend pas grand chose aux questions idéologiques, mais il s’adapte facilement à cette nouvelle vie qui semble lui donner des satisfactions : la violence quotidienne devient pour lui aussi routinière qu’une matinée de chasse ; Tonin, l’ex-policier révoqué, se fait raser pendant la lecture des lettres de dénonciation ; Aubert, l’ancien coureur cycliste, prend sa douche entre deux séances de torture …. La rudesse naïve de Lucien contraste avec la bonne éducation et l’humour cynique de Jean-Bernard de Voisins, le « fils de famille » dévoyé du groupe.
Jean-Bernard l’emmène se faire faire un costume par Albert Horn, un tailleur juif de Paris qui se cache dans la ville avec France, sa fille de vingt ans, et sa vieille mère. En même temps qu’il s’implique de plus en plus dans les infâmes activités de la Milice, il courtise France qui, d’abord, ne manifeste guère d’enthousiasme. Mais au retour d’un bal où France est insultée par des antisémites, elle devient la maîtresse de Lucien qui s’installe chez les Horn.
A mesure que les Alliés avancent vers le sud, la Résistance prend de plus en plus d’audace, et Jean-Bernard est abattu, ainsi que Betty. La mère de Lucien, qui a reçu des menaces anonymes, presse son fils de prendre la fuite, mais Lucien dit qu’il est bien là où il est. Horn, qui ne peut plus le supporter, se rend à Faure, un collaborateur farouchement antisémite, et il est emmené par la Gestapo. Lucien arrive à son tour avec un soldat allemand pour arrêter France et sa grand-mère. Au moment de sortir de l’immeuble, il tue le soldat et s’enfuit dans la campagne, avec les deux femmes. Leur voiture étant tombée en panne, ils se réfugient dans une ferme abandonnée où ils mènent une idyllique vie champêtre.
Sur la dernière image, on voit apparaître le visage de Lucien, avec ces mots : « Lacombe Lucien a été arrêté le 12 octobre 1944. Jugé par le Tribunal Militaire de la Résistance, il a été condamné à mort et exécuté ».
Film de Louis Malle (1974)

En Passant…

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Jean Jacques Goldman

Je l’ai aimé et l’aime encore pour ces paroles bien sur, notamment celles-ci :
Doucement reviennent à pas de loups
Reines endormies, nos déroutes anciennes

si caractéristiques du trait humain que nous avons tous, certains plus que d’autres, peut-être, c’est tout….

Et c’est aussi pour ceux qui ne sont pas des salauds ou des bienheureux repus de suffisance, et qui parfois se retournent sur leurs vies, ont la force, le courage de constater nos échecs et parfois même notre lacheté du temps présent par rapport à ce que l’on s’était promis,…soit personnellement, soit réciproquement.

Quand à la fin, elle me ressemble assurément…
J’ai vu des bateaux, des fleurs, des rois
Des matins si beaux, j’en ai cueilli parfois
En passant

mais j’aime ce morceau aussi pour son final instrumental

Le texte

Toutes les ébènes ont rendez-vous
Lambeaux de nuit quand nos ombres s’éteignent
Des routes m’emmènent, je ne sais où
J’avais les yeux perçants avant, je voyais tout

Doucement reviennent à pas de loups
Reines endormies, nos déroutes anciennes
Coulent les fontaines jusqu’où s’échouent
Les promesses éteintes et tous nos vœux dissous

C’était des ailes et des rêves en partage
C’était des hivers et jamais le froid
C’était des grands ciels épuisés d’orages
C’était des paix que l’on ne signait pas

Des routes m’emmènent, je ne sais où
J’ai vu des oiseaux, des printemps, des cailloux
En passant

Toutes nos défaites ont faim de nous
Serments résignés sous les maquillages
Lendemains de fête, plus assez saouls
Pour avancer, lâcher les regrets trop lourds

Déjà ces lents, ces tranquilles naufrages
Déjà ces cages qu’on attendait pas
Déjà ces discrets manques de courage
Tout ce qu’on ne sera jamais, déjà

J’ai vu des bateaux, des fleurs, des rois
Des matins si beaux, j’en ai cueilli parfois
En passant