Je m’en doutais à vrai dire, malgré mes incertitudes, mes angoisses, et mon mal-être, je savais bien ce qui n’allait pas chez moi.
Il n’est pas évident de l’admettre, par contre. Une réalité qui vous rend non pleinement conforme à la norme, est une réalité difficile à supporter.
Il faudra pourtant faire avec. Il faudra pourtant faire mieux qu’avant en tout cas.
Le plus con est que cela fait des années que je le ressents, mais c’était en moi, et si j’avance petit à petit sur le sentier qui me ménera à une meilleure acceptation de moi-même, que ce chemin est escarpé, qu’il est donc difficile de s’affronter !
Depuis une semaine à présent, je tourne en rond comme un lion dans sa cage, non pas que ce que j’ai appris me surprenne outre mesure, je l’ai dit, je m’en doutais , mais maintenant je ne peux plus faire semblant. Et moi qui me fous tant parait-il du regard des autres et du poids de la norme, me voila pris au propre piège de ce que je feins – faussement – d’ignorer comme pour un échappatoire, alors que last but not least, je vis au milieu des autres.
Ce que je suis
Mon, Ma, et autres possessions qui n’en sont pas…
Vous n’avez jamais trouvé curieux ce langage qui consiste à assimiler les êtres humains à des choses matérielles, des objets ? Pour ma part, j’ai non seulement toujours trouvé cela curieux, mais même carrément malsain.
Mon ami, mon mari, mon amie, ma compagne, ma femme, sont des expressions qui me heurtent. Mais la langue de Molière est d’une pauvreté telle qu’en dehors de ces pronoms possessifs, pas de salut !
Or, l’autre est-il une possession ? Assurément non, posséder une voiture, c’est pouvoir la détruire, la vendre, la prêter, la laisser à l’abandon même. Posséder un appartement, c’est pareil, un réveil-matin, un grille-pain, un ce que vous voulez… !!
Mais un être humain ? Un homme, une femme ?
Puis-je décemment détruire ‘ma’ femme ? (les femmes inverseront la proposition !)
Non, j’irais en prison, et j’espère bien que là n’est pas la seule raison qui m’empêche de le faire d’ailleurs !
Puis je décemment la vendre ?
Encore moins.
Alors la louer ?
Et bé… !!
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Sexe, genre, orientation sexuelle
Merci à Alexandra Augst-Merelle et Cornelia Schneider pour ce texte qui a l’avantage d’être court, et précis.
Depuis la nuit des temps, les humains ont tendance à considérer que l’identité sexuée (le genre) d’une personne est basée sur un critère anatomique bien défini : « c’est un garçon » ou « c’est une fille », c’est la réponse en apparence évidente, sans alternative possible. Pour beaucoup de gens (mais pas pour tous, justement), ce critère fonctionne, et la société humaine définit par conséquent des rôles sociaux qui vont avec ce critère : si tu as un pénis, tu es un garçon, donc tu es censé être attiré par les filles et te comporter comme un homme, et si tu as un vagin, tu es une fille, donc tu es censée être attirée par les garçons et te comporter comme une femme. Les comportements qui vont avec ces rôles définis par la société se manifestent extérieurement par des signes visibles : p.ex. la tenue vestimentaire, les jeux auxquels sont censés jouer les enfants (’jeux de filles’ ou ’jeux de garçons’), les intérêts qu’ils sont censés avoir (« les garçons jouent aux foot et s’intéressent aux voitures », « les filles jouent à la poupée et s’intéressent à la couture », etc.). Et idéalement, tout le monde vit heureux avec cet état des choses.
