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Les Fleurs du Mal, Ch Baudelaire

  • Posted on février 10, 2006 at 23:45

Ah, petit, jamais tu ne te débarasseras de ce sentiment-là.
Tu es coupable,
Tu es coupable.
A chaque fois que tu sortiras de chez toi,
Tu sentiras derrière toi
Un regard réprobateur qui te criera de revenir !
Tu iras de par le monde comme un chien attaché à une longue laisse !
Et même quand tu seras loin, tu sentiras toujours le contact du collier sur ta nuque !
Et même quand tu passeras ton temps avec des femmes, même quand tu seras avec elles dans leur lit,
Il y aura une longue laisse à ton cou et quelque part au loin,
Ta mère en tiendra l’extémité,
Et sentira au mouvement saccadé de la corde,
Les mouvements obscènes auxquels tu t’abandonnes.

De quoi sommes nous responsables ?

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Paul Ricoeur (Extrait de « Le Juste » (1996))

Dans la relation des individus, au-delà du « je » et du « tu », il convient d’ajouter « les relations au tiers », située à l’arrière plan de la relation au toi, pour donner une base à la médiation institutionnelle requise pour la constitution d’un sujet réel de droit, autrement dit d’un citoyen responsable.

Ainsi, il/elle représente l’institution, dans la mesure ou celle-ci englobe tous les locuteurs d’une même langue naturelle qui ne se connaissent pas, et ne sont donc reliés entre eux que par la reconnaissance de règles communes. Ce qui rend responsable c’est, dans un situation où on est garant d’autres, le fait que l’on décide, le fait même de la décision. C’est une des dimensions du sens de la responsablité. Cette dimension ne peut-être guère saisie que par le droit, dans la mesure où le droit pense la responsabilité par rapport à la norme, et comme infraction à cette norme. Or, on n’est pas vraiment dans l’ordre de la responsabilité lorsqu’on est soumis à une norme. L’expérience de la responsabilité commence lorsque l’on a décider sans pouvoir se référer à une norme. A travers l’anecdote d’un éléve qui au début de la guerre de 1940 s’interroge en ne sachant pas s’il doit s’engager dans les Forces Françaises Libres ou rester près de sa mère affligée, on voit bien qu’il n’y a pas là de normes. Le choix à effectuer est précisément le choix des normes et aucune morale générale ne peut indiquer ce qu’il y a à faire ; il n’y a pas de signe dans le monde. Le choix ne peut se faire que seul et il est sans excuses. C’est ainsi que la plupart des hommes essayent d’échapper à l’angoisse et au délaissement qu’impose notre condamnation à être sans cesse responsable, et se réfugient dans l’inauthentique, dans la « mauvaise foi », dont les deux plus grandes figures sont celles du « lâche » – qui se trouve toujours des excuses -, ou du « salaud » – qui lui se croit justifié depuis toujours -.

Bientôt l’An 2000

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J’ai pris un peu de tabac dans la blaque, l’ais mis dans la rouleuse, j’ai tourné, sorti une feuille de papier de sa pochette et je la lèche de mon stylo, pendant qu’à présent ma cigarette se consume, jaunissant mes doigts.
Bonne année, m’ont-ils tous dit ! Meilleurs voeux, ont-ils déclamé, mes amis, mes faux amis, mes presques ennemis, et les faux culs. Mes vrais ennemis se sont tus, eux, ce sont les seuls en qui je peux avoir confiance.