Le premier stade du développement de la masculinité et de la féminité peut être conçu comme le sentiment que l’on a de son sexe – de l’état de mâle chez les mâles et de femelle chez les femelles, et, dans les rares cas d’hermaphrodites anatomiques, d’être hermaphrodite, ou même un sentiment vague d’appartenir au sexe opposé.
Cela fait partie de, mais n’est pas identique à, l’identité de genre, concept qui recouvre un bien plus vaste éventail de comportements.
Le noyau de l’identité de genre est la conviction que l’assignation de son sexe a été anatomiquement, et finalement psychologiquement, correcte. C’est le premier pas dans la progression vers l’identité de genre finale de l’individu et la connection autour de laquelle la masculinité ou la féminité s’accroissent progressivement. Le noyau de l’indentité de genre n’a aucune implication de rôle ou de relations d’objet. A l’âge de deux-trois ans, époque à laquelle on peut observer une nette masculinité ou une nette féminité, il est si solide qu’il est inaltérable. Les efforts pour le modifier par la suite, échoueront probablement.
Le noyau de l’identité de genre résulte de ce qui suit :
- une force biologique prenant naissance dans la vie foetale et généralement d’origine génétique
- l’assignation du sexe à sa naissance c’est à dire le message apparent des organes génitaux externes
- l’empiètement incessant des attitudes des parents quant au sexe de cet enfant et la construction de ces perceptions par l’enfant en événements
- les phénomènes biopsychiques, cette catégorie liée au point précédent, s’en différenciant car visant uniquement les modes habituels de s’y prendre avec l’enfant
- le moi corporel c’est à dire les innombrables qualités et quantités de sensations, confirmant pour le bébé les convictions de ses parents sur le sexe de leur enfant.
Extrait de « Masculin ou Féminin » de R. J. STOLLER
