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Milan KUNDERA

  • Posted on 28 février 2006

 L’Insoutenable Légèreté de l’Etre

L’homme n’ayant qu’une seule vie n’a aucune possibilité de vérifier par l’hypothèse, par l’expérience, de sorte qu’il ne saura jamais s’il a eut tort ou raison d’obéir à son sentiment.

L’Homme ne peut jamais savoir ce qu’il faut vouloir car il n’a qu’une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures. Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation.

Le pardon ou l’oubli ?.

La plupart des gens s’adonnent au mirage d’une double croyance : ils croient à la pérennité de la mémoire ( des hommes, des choses, des actes, des nations ) et à la possibilité de réparer ( des actes, des erreurs, des pêchés, des torts ).
L’une est aussi fausse que l’autre.
La vérité se situe juste à l’opposé : tout sera oublié et rien ne sera réparé.
Le rôle de la réparation – et par la vengeance et par le pardon -, sera tenu par l’oubli. Personne ne réparera les torts commis, mais tous les torts seront oubliés.

La Valse Aux Adieux

Il faut avoir au moins une certitude : celle de rester maître de sa mort et de pouvoir en choisir l’heure et le moyen. [...] Tout homme devrait recevoir du poison le jour de sa majorité. Une cérémonie solennelle devrait avoir lieu à cette occasion. Non pour l’inciter au suicide, mais, au contraire, pour qu’il vive avec plus d’assurance et plus de sérénité. Pour qu’il vive en sachant qu’il est maître de sa vie et de sa mort

L’Immortalité

 Au fond, que signifie « être utile » ?
La somme de l’utilité de tous les humains de tous les temps, se trouvent entièrement contenus dans le monde tel qu’il est aujourd’hui.
Par conséquent : rien de plus moral que d’être inutile.

Le Mythe de LILITH

  • Posted on 28 février 2006

Elle est celle qui transgresse la Loi divine pour vivre le désir absolu.
A la lecture de la Bible, l’histoire de la création de la femme est racontée deux fois, de deux façons différentes.
Dans le premier récit, il est écrit « Dieu les créa homme et femme », tandis qu’à la page suivante, on lit que Dieu commence par former Adam, puis, pensant qu’il n’est pas bon pour l’homme de rester seul, prend une cote à Adam et de cette cote crée une femme.
La première femme serait donc Lilith, ensuite seulement vint Eve.
La première histoire, c’est que le Seigneur non seulement les fit semblables, mais pétrit dans l’argile une forme unique, un Golem plus exactement, une forme sans forme. C’était une créature à deux dos, l’homme et la femme déjà unis [ voir le Discours d'Aristophane ]; puis il les sépara en deux, mais ils étaient impatients de s’unir à nouveau, et voilà Adam qui demande aussitôt à Lilith de se coucher par terre.
Mais Lilith ne voulut rien savoir : pourquoi devrais-je me mettre dessous ?
Lire la suite ‘Le Mythe de LILITH’

Tranche de Vie…

  • Posted on 27 février 2006

En hommage à François Béranger, décédé le 13 octobre 2003, auteur-compositeur interprête engagé et libertaire, peu diffusé à la radio bien évidemment, … 

Je suis né dans un p’tit village
Qu’à un nom pas du tout commun
Bien sûr entouré de bocage
C’est le village de St Martin
A peine j’ai cinq ans qu’on m’emmène
Avec ma mère et mes frangins
Mon père pense qu’y aura du turbin
Dans la ville où coule la Seine

J’en suis encore à m’demander
Après tant et tant d’années
A quoi ça sert de vivre et tout
A quoi ça sert en bref d’être né

La capitale c’est bien joli
Sûrement quand on la voit d’Passy
Mais de Nanterre ou de Charenton
C’est déjà beaucoup moins folichon
J’ai pas d’mal à imaginer
Par où c’que mon père est passé
Car j’ai connu quinze ans plus tard
Le même tracas le même bazar
au Refrain

Le matin faut aller piétiner
Devant les guichets de la main d’œuvre
L’après-midi solliciter le cœur
Des punaises des bonnes œuvres
Ma mère elle était toute paumée
Sans ses lapins et ses couvées
Et puis pour voir essayez donc
Sans fric de remplir cinq lardons
au Refrain

Pour parfaire mon éducation
Y a la communale en béton
Là on fait d’la pédagogie
Devant soixante mômes en furie
En plus d’l'alphabet du calcul
J’ai pris beaucoup coup pieds au cul
Et sans qu’on me l’ait demandé
J’appris l’arabe et le portugais
au Refrain

A quinze ans finie la belle vie
T’es plus un môme t’es plus un p’tit
J’me retrouve les deux mains dans l’pétrole
A frotter des pièces de bagnoles
Neuf dix heures dans un atelier
Ça vous épanoui la jeunesse
Ça vous arrange même la santé
Pour le monde on a d’la tendresse
au Refrain

Quand on en a un peu la d’dans
On y reste pas bien longtemps
On s’arrange tout naturellement
Pour faire des trucs moins fatiguants
J’me faufile dans une méchante bande
Qui voyoute la nuit sur la lande
J’apprends des chansons de Bruant
En faisant des croches-pattes aux agents
Au Refrain

Bien sûr la maison Poulagat
S’agrippe à mon premier faux-pas
Ça tombe bien mon pote t’as d’la veine
Faut du monde pour le F.L.N.
J’me farcis trois ans de casse-pipe
Aurès, Kabylie, Mitidja
Y a d’quoi prendre toute l’Afrique en grippe
Mais faut servir l’pays ou pas
au Refrain

Quand on m’relache je suis vidé
Je suis comme un p’tit sac en papier
Y a plus rien d’dans tout est cassé
J’ai même plus envie d’une mémé
Quand j’ai cru qu’j'allais m’réveiller
Les flics m’ont vachement tabassé
Faut dire qu’ j’m'étais amusé
A leur balancer des pavés
Au Refrain

Les flics pour c’qui est d’la monnaie
Ils la rendent avec intérêts
Le crâne le ventre et les roustons
Enfin quoi vive la nation
Le juge m’a filé trois ans d’caisse
Rapport à mes antécédents
Moi j’peux pas dire qu’je sois en liesse
Mais enfin qu’est-ce que c’est qu’trois ans
Au Refrain

En tôle j’vais pouvoir m’épanouir
Dans une société structurée
J’ferai des chaussons et des balais
Et je pourrai me r’mettre à lire
J’suis né dans un p’tit village
Qu’à un nom pas du tout commun
Bien sûr entouré de bocage
C’est le village de St Martin
Au Refrain

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES EN FRANCE

  • Posted on 24 février 2006

Considéré pendant longtemps et par beaucoup comme une affaire privée qui ne relève que de l’intime, la violence faite aux femmes est pour Amnesty International une affaire d’Etat. Le 23 novembre 2005, le gouvernement a publié les chiffres d’une enquête réalisée auprès des services de police, dévoilant des chiffres déjà soupçonnés, et non moins accablants : tous les quatre jours en France, une femme meurt sous les coups de son partenaire. Parmi ces femmes, plus de la moitié avaient déjà subi des violences dans leur couple.
Lire la suite ‘VIOLENCES FAITES AUX FEMMES EN FRANCE’

Nuits blanches, jours sombres….

  • Posted on 23 février 2006

Nuit blanche, jour sombre,
Lorsqu’on se couche après que le jour se soit déjà levé
Et que l’on se réveille le même jour que celui du matin.
Le temps s’est figé.
Il ne reste de la nuit passée, qu’un souvenir,
Le souvenir d’une journée.
Déjà demain s’annonce, faut-il compter les jours, ou les nuits ?
J’aime ainsi passer des nuits entières, car la nuit est Liberté
La nuit est Evasion,
La nuit est folie.
De rencontres impromptues au coin d’un feu de cheminée,
De gens que je ne reverrai jamais plus
Inconnu(e)s d’un soir dont je ne connnaîtrai que le prénom
Et des choses bien plus profondes pourtant.
La mesquinerie, la suffisance, l’arrogance, le mépris, les éternels salamalec pour « endormir »
Mettre en confiance pour mieux pouvoir abuser,
Ont disparu.
A moins, à moins, que ce ne soit les mêmes que j’ai rencontrés ici, et là.
Dans ce pub si feutré
Dans ce bar à vins si tumultueux,
A moins que ce ne soit les mêmes, habillés autrement,
Désinvestis de leurs fonctions, leurs tâches, leurs rôles, leurs missions.
Habillés autrement que ces mêmes qui demain, au jour,
Redeviendront ceux chargés de faire régner un ordre et les règles d’un jeu social,
Qui n’a – pour certains – de jeu que le nom,
Qui est pour les mêmes une bataille contre les faut-qu’on, les y’a-qu’à, et les c’est-comme-ça !
Jeu social écoeurant et nauséabond,
Excluant 10% d’une population.
La nuit est aussi magique,
Elle permet ces transformations qui ne durent, hélas, que l’instant de la nuit,
Mais pour ce plaisir de demain,
De nouveau vous rencontrer, vous cotoyer, vous apervevoir,
Je continuerai d’aimer les jours sombres et les nuits claires.

Les Fleurs du Mal, Ch Baudelaire

  • Posted on 10 février 2006

Ah, petit, jamais tu ne te débarasseras de ce sentiment-là.
Tu es coupable,
Tu es coupable.
A chaque fois que tu sortiras de chez toi,
Tu sentiras derrière toi
Un regard réprobateur qui te criera de revenir !
Tu iras de par le monde comme un chien attaché à une longue laisse !
Et même quand tu seras loin, tu sentiras toujours le contact du collier sur ta nuque !
Et même quand tu passeras ton temps avec des femmes, même quand tu seras avec elles dans leur lit,
Il y aura une longue laisse à ton cou et quelque part au loin,
Ta mère en tiendra l’extémité,
Et sentira au mouvement saccadé de la corde,
Les mouvements obscènes auxquels tu t’abandonnes.

De quoi sommes nous responsables ?

  • Posted on 10 février 2006

Paul Ricoeur (Extrait de « Le Juste » (1996))

Dans la relation des individus, au-delà du « je » et du « tu », il convient d’ajouter « les relations au tiers », située à l’arrière plan de la relation au toi, pour donner une base à la médiation institutionnelle requise pour la constitution d’un sujet réel de droit, autrement dit d’un citoyen responsable.

Ainsi, il/elle représente l’institution, dans la mesure ou celle-ci englobe tous les locuteurs d’une même langue naturelle qui ne se connaissent pas, et ne sont donc reliés entre eux que par la reconnaissance de règles communes. Ce qui rend responsable c’est, dans un situation où on est garant d’autres, le fait que l’on décide, le fait même de la décision. C’est une des dimensions du sens de la responsablité. Cette dimension ne peut-être guère saisie que par le droit, dans la mesure où le droit pense la responsabilité par rapport à la norme, et comme infraction à cette norme. Or, on n’est pas vraiment dans l’ordre de la responsabilité lorsqu’on est soumis à une norme. L’expérience de la responsabilité commence lorsque l’on a décider sans pouvoir se référer à une norme. A travers l’anecdote d’un éléve qui au début de la guerre de 1940 s’interroge en ne sachant pas s’il doit s’engager dans les Forces Françaises Libres ou rester près de sa mère affligée, on voit bien qu’il n’y a pas là de normes. Le choix à effectuer est précisément le choix des normes et aucune morale générale ne peut indiquer ce qu’il y a à faire ; il n’y a pas de signe dans le monde. Le choix ne peut se faire que seul et il est sans excuses. C’est ainsi que la plupart des hommes essayent d’échapper à l’angoisse et au délaissement qu’impose notre condamnation à être sans cesse responsable, et se réfugient dans l’inauthentique, dans la « mauvaise foi », dont les deux plus grandes figures sont celles du « lâche » – qui se trouve toujours des excuses -, ou du « salaud » – qui lui se croit justifié depuis toujours -.

Bientôt l’An 2000

  • Posted on 10 février 2006

J’ai pris un peu de tabac dans la blaque, l’ais mis dans la rouleuse, j’ai tourné, sorti une feuille de papier de sa pochette et je la lèche de mon stylo, pendant qu’à présent ma cigarette se consume, jaunissant mes doigts.
Bonne année, m’ont-ils tous dit ! Meilleurs voeux, ont-ils déclamé, mes amis, mes faux amis, mes presques ennemis, et les faux culs. Mes vrais ennemis se sont tus, eux, ce sont les seuls en qui je peux avoir confiance.
Lire la suite ‘Bientôt l’An 2000′

Masculin ou Féminin

  • Posted on 8 février 2006

Le premier stade du développement de la masculinité et de la féminité peut être conçu comme le sentiment que l’on a de son sexe – de l’état de mâle chez les mâles et de femelle chez les femelles, et, dans les rares cas d’hermaphrodites anatomiques, d’être hermaphrodite, ou même un sentiment vague d’appartenir au sexe opposé.
Cela fait partie de, mais n’est pas identique à, l’identité de genre, concept qui recouvre un bien plus vaste éventail de comportements.
Le noyau de l’identité de genre est la conviction que l’assignation de son sexe a été anatomiquement, et finalement psychologiquement, correcte. C’est le premier pas dans la progression vers l’identité de genre finale de l’individu et la connection autour de laquelle la masculinité ou la féminité s’accroissent progressivement. Le noyau de l’indentité de genre n’a aucune implication de rôle ou de relations d’objet. A l’âge de deux-trois ans, époque à laquelle on peut observer une nette masculinité ou une nette féminité, il est si solide qu’il est inaltérable. Les efforts pour le modifier par la suite, échoueront probablement.
Le noyau de l’identité de genre résulte de ce qui suit :

- une force biologique prenant naissance dans la vie foetale et généralement d’origine génétique
- l’assignation du sexe à sa naissance c’est à dire le message apparent des organes génitaux externes
- l’empiètement incessant des attitudes des parents quant au sexe de cet enfant et la construction de ces perceptions par l’enfant en événements
- les phénomènes biopsychiques, cette catégorie liée au point précédent, s’en différenciant car visant uniquement les modes habituels de s’y prendre avec l’enfant
- le moi corporel c’est à dire les innombrables qualités et quantités de sensations, confirmant pour le bébé les convictions de ses parents sur le sexe de leur enfant.

Extrait de « Masculin ou Féminin » de R. J. STOLLER

Le Mariage

  • Posted on 7 février 2006

Texte de Kahlil GIBRAN
In « Le Prophète »

Alors Almitra parla encore, elle dit ’Et qu’en est-il du Mariage, maître ? Et il répondit :

Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez à jamais.
Vous serez ensemble quand les ailes blanches de la mort
Disperseront vos jour.
Oui, vous serez ensemble même dans le souvenir silencieux de Dieu.
Mais qu’il y ait des espaces dans votre harmonie,
Et que les vents des cieux dansent entre vous.

Aimez vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour un lien :
Qu’il soit plutôt une mer qui ondule entre les rives de vos âmes.

Remplissez la coupe de l’autre,
Mais ne buvez pas à une seule.

Donnez vous l’un l’autre de votre pain,
Mais ne mordez pas à la même tranche.

Chantez et dansez ensemble ; et amusez vous,
Mais laissez-vous, l’un l’autre, être seul.
Comme les cordes d’un luth sont seules
Bien qu’elles vibrent de la même musique.

Donnez votre coeur, mais n’en faites pas le bien de l’autre
Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.

Et restez ensemble, mais pas trop près l’un de l’autre,
Car les piliers du Temple sont séparés,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l’ombre de l’autre.